Contexte

Temps d’incertitude et résilience : les peuples autochtones face aux changements climatiques.

 

Note d’information

Les changements climatiques représentent une menace pour toutes les sociétés dans le monde. Néanmoins, cette menace ne les touche pas toutes de façon identique, et les sociétés qui sont le moins responsables de l’accélération du changement climatique sont aussi souvent celles qui en souffrent le plus. C’est le cas notamment de plus de 400 millions de personnes issues des peuples autochtones dans le monde.

Les peuples autochtones constituent un groupe vaste et varié de personnes qui partagent un ensemble de caractéristiques, telles qu’une auto-identification en tant que peuples autochtones ; une continuité historique avec les habitants d’une région ou d’un pays avant sa conquête ou sa colonisation ; des liens forts tissés avec le territoire et les ressources naturelles issues de l’environnement ; un système économique et sociopolitique distinct ; un langage, une culture et des croyances spécifiques ; et une volonté de préserver et reproduire les systèmes et environnements ancestraux en tant que peuples et communautés à part entière (Rapport sur le Développement Humain, PNUD, 2014). La reconnaissance internationale des peuples autochtones et de leurs droits collectifs à développer et gérer librement leurs ressources apparait dans des déclarations telles que la Déclaration des Nations-Unies sur les Droits des Peuples Autochtones (2007).

 

Un grand nombre de peuples autochtones dans le monde vivent dans des territoires hautement vulnérables aux impacts du changement climatique, tels que les petites îles, les zones de haute altitude, les bordures désertiques ou la région circumpolaire Arctique. L’élévation du niveau de la mer, la fonte des glaciers ou les sécheresses prolongées constituent des challenges qui menacent la survie et les modes de vie des peuples autochtones. Face à ces défis, ces derniers ne restent pas passifs mais au contraire composent et répondent aux changements qui se produisent autour d’eux. Les observations des hommes et des femmes autochtones, associées à leurs connaissances liées à la gestion de l’environnement, peuvent fournir des informations précieuses pour comprendre les impacts des changements climatiques à l’échelle locale et y répondre. Ces savoirs peuvent aussi être spécifiques en fonction du genre, reflétant ainsi les rôles différents mais complémentaires attribués aux hommes et aux femmes, par exemple dans la gestion de l’environnement et des ressources naturelles. Alors que l’on nous annonce des transformations sans précédents sous l’effetdu  changement climatique, les savoirs locaux et autochtones ainsi que les stratégies de réponses qui sont élaborées, peuvent fournir une base solide permettant de mettre en place des mesures d’adaptation basées sur les communautés (UNESCO-UNU, 2012).

 

A l’échelle globale, la science et les politiques ont depuis peu reconnu le rôle des savoirs autochtones dans la lutte contre les changements climatiques. Cette reconnaissance mondiale se traduit déjà dans des évaluations et des mesures politiques qui, loin de l’affaiblir, renforcent la résilience des peuples autochtones et des communautés locales. Comprendre comment les visions du monde et les observations des peuples autochtones et des communautés locales peuvent être prises en compte de façon respectueuse est essentiel pour garantir que les mesures de lutte contre les changements climatiques favoriseront le bien-être des communautés partout dans le monde. Cette notion se retrouve dans le Résumé à l’attention des Décideurs du 5ème Rapport d’Évaluation du GIEC :

Les connaissances autochtones, locales et traditionnelles, regroupant la vision holistique des populations autochtones de leur communauté et de leur environnement, sont des ressources majeures pour l'adaptation au changement climatique mais elles n’ont pas été suffisamment prises en compte dans les stratégies d’adaptation existantes. Intégrer ce type de savoirs aux pratiques existantes augmente l’efficacité de l’adaptation. (GIEC, 2014)

 

Au sein de la CCNUCC, les savoirs autochtones et traditionnels sont considérés comme faisant  partie des connaissances fondamentales du Cadre de Cancun pour l’Adaptation. Au cours des discussions REDD+, les peuples autochtones ont été reconnus comme un groupe à part entière. D’autre part, la CCNUCC reconnait que les savoirs autochtones et traditionnels ont amélioré les observations faites sur le changement climatique et sur son impact, et qu’ils doivent être mobilisés lors des évaluations de la vulnérabilité. Il y a peu d’élément cependant concernant l’intégration des savoirs autochtones et traditionnels dans la mise en place et la surveillance de l’adaptation. De plus, les approches et les outils actuels ont pour principale fonction d’améliorer la participation des peuples autochtones et des communautés locales dans les processus de décision, sans pour autant reconnaitre pleinement les connaissances qu’ils apportent (CCNUCC, 2013).

 

 

La conférence

Co-organisés par l’UNESCO et le Musée National d’Histoire Naturelle, en partenariat avec Tebtebba. Avec le soutien du Ministère français des Affaires étrangères, l’Université Sorbonne, l’Agence Suédoise de Coopération pour le développement international, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), les Fonds-en-dépôt Japonais pour l’UNESCO, l’Agence nationale de recherche de France, et Conservation Internationale.

 

Objectifs

01 Créer un échange transdisciplinaire de connaissances et d’expériences entre peuples autochtones, gouvernements et scientifiques ;

02  Comprendre les contributions que les différents systèmes de savoirs, tels que les savoirs autochtones, peuvent apporter pour améliorer nos connaissances sur les changements climatiques ;

03 Mettre en valeur les solutions et initiatives pratiques mises en place au niveau des communautés pour lutter contre les impacts des changements climatiques ;

04 Renforcer les liens qui existent entre la diversité culturelle et la durabilité de l’environnement mondial.

 

Thèmes

  1. L’observation et la compréhension des impacts des changements climatiques

La fonte de la glace de mer, les modèles de changements météorologiques et les impacts de l’élévation du niveau de la mer sont seulement quelques-unes des répercussions précoces du changement climatique. La compréhension d’une modification climatique est basée sur les connaissances fondamentales de l’environnement immédiat, incluant le temps et le climat. Les projets et initiatives qui s’intéressent à la compréhension des savoirs autochtones et locaux concernant la prédiction météorologique et les changements saisonniers seront ici d’un très grand intérêt.

 

  1. L’adaptation des modes de subsistance traditionnels face à l’incertitude

Les modes de subsistance d’un grand nombre de peuples autochtones et de communautés locales sont fortement dépendants des ressources renouvelables. Depuis des générations, des hommes et des femmes autochtones pratiquent la chasse, la pêche, le pastoralisme et la culture des aliments issus de systèmes aussi divers que les forêts tropicales, la toundra arctique, les forêts tempérées, les prairies de montagne ou encore les systèmes coralliens pour ne citer qu’eux. Les changements globaux, incluant les changements climatiques, exercent une forte pression sur ces modes de subsistance traditionnels durables. Au fil des siècles, les peuples autochtones ont toujours adapté leurs modes de subsistance aux changements des conditions grâce à un renouvellement continuel combinant diverses stratégies, telles que la diversification, les technologies modernes comme le GPS, l’utilisation de données scientifiques, et peut être même en ravivant d’anciennes pratiques durables. Les présentations pourront traiter à la fois les impacts des changements climatiques sur les modes de subsistance traditionnels, mais aussi les stratégies – basées sur des connaissances autochtones ou renforcées par d’autres systèmes de savoirs – élaborées pour adapter ces modes de subsistance.

 

  1. L’atténuation et les stratégies de réponses des peuples autochtones

Des mesures supplémentaires d’atténuation sont nécessaires si l’on souhaite éviter que les répercussions du changement climatique soient sévères, généralisées et irréversibles. Cependant, beaucoup de propositions concernant les moyens d’atténuation ont des implications sur les territoires et les ressources des peuples autochtones. Au cours de ces dernières années, les peuples autochtones ont répondu activement à ces propositions, comme par exemple dans le cas des mesures REDD+, après avoir exigé des garanties et une participation dans le processus décisionnaire. Ils ont aussi proposé des initiatives visant à contrebalancer  les émissions de carbone, qui sont basées sur une gestion traditionnelle des ressources naturelles. Parallèlement, beaucoup de peuples autochtones se sont mobilisés contre l’expansion des industries d’énergies non-renouvelables et ont montré que leurs modes de vie constituaient des options rentables d’atténuation. Dans cette perspective, les présentations dans cette thématique pourront se focaliser sur les initiatives que les peuples autochtones mettent en place pour promouvoir leurs modes de vie durables.

 

  1. Les stratégies de résilience

Plusieurs facteurs peuvent contribuer à la résilience durable à l’échelle des communautés : parmi eux, les modes de subsistances durables ; le renforcement des liens entre différentes communautés au travers d’échanges culturels ; la garantie que les langages autochtones ne disparaissent pas afin de maintenir une transmission des connaissances traditionnelles de génération en génération ; ou encore l’intégration de la voix des personnes marginalisées au sein des communautés, y compris celle des femmes. Les présentations liées à cette thématique permettront de comprendre comment et pourquoi la diversité culturelle est un élément important à prendre en considération dans la protection de l’environnement et du climat.

 

  1. Comprendre et répondre aux évènements extrêmes et aux catastrophes.

Certains événements météorologiques extrêmes tels que les sécheresses, les inondations et les cyclones, sont liés aux activités humaines. Les présentations dans cette thématique pourront considérer comment les communautés répondent aux impacts de ces événements extrêmes. Les expériences issues de la gestion des catastrophes au sein des communautés fournissent des leçons cruciales sur la planification de l’adaptation. Un deuxième set de présentations, plus focalisé sur la gestion des catastrophes, mettra en valeur les leçons apprises de ces expériences et la façon dont elles peuvent s’incorporer et se superposer dans la planification de l’adaptation.

 

Résultats attendus

  • Un bilan des connaissances actuelles sur les impacts des changements climatiques et des actions proposées par les peuples autochtones et les communautés locales, en prenant en compte le point de vue des peuples autochtones et celui des scientifiques. Ce bilan, ainsi que certaines recommandations issues de ces échanges, seront présentés dans un rapport dont un résumé pourra être distribué lors de la CoP21.
  • Un échange de connaissances et d’expériences entre les peuples autochtones et les autres experts présents, y compris entre et dans des régions et des écosystèmes différents. Cet échange se reflètera dans la confrontation des différentes présentations dans une base de données mondiale qui sera à disposition pour le Programme de Travail de Nairobi de la CCNUCC.
  • La création d’un vaste réseau international incluant les peuples autochtones et les communautés locales, aux côtés des experts scientifiques.

 

Programme provisoire et participation

Cette conférence de deux jours se composera de sessions plénières, de session parallèles et de discours ministériels, ainsi que de cérémonies d’ouverture et de clôture. De nombreux experts mondiaux issus des peuples autochtones, des gouvernements et de la communauté scientifique seront invités à prononcer des discours. Les sessions parallèles seront enrichies par une sélection de communications et d’invités présentant des témoignages, cas d’études, initiatives et projets pertinents et issus de toutes les régions du monde. Les invités seront sélectionnés par un comité scientifique, constitué d’experts autochtones, de scientifiques, et de représentants des présidences de la CoP20 et de la CoP21. L’appel à proposition est disponible ici.

Le colloque est ouvert à tout public, dans la limite des places disponibles. Une inscription préalable est requise. Une interprétation simultanée en français, anglais et espagnol sera disponible.

La participation à ce colloque est gratuite pour les intervenants et le public. Un nombre limité de fonds est disponible pour financer la venue les intervenants.

 

Événements

Pré-conférence au Musée de l’Homme Novembre

25 Novembre 2015

16h30 – 19h30

Série de présentations destinées au grand public français, avec la participation de représentants/leaders autochtones, d’ONG françaises et internationales.

Lieu : Musée de l’Homme, 17 Place du Trocadéro, 75016 Paris

Conférence Jour 1

26 Novembre 2015

09h00 – 18h00

Cérémonie d’ouverture, puis un discours magistral en plénière et trois sessions plénières

Lieu : UNESCO, 7 Place de Fontenoy, 75007 Paris

Réception officielle

26 Novembre 2015

20h00

Réception au Musée de l’Homme sous le haut patronage du Président de la République Française

Lieu : Musée de l’Homme, 17 Place du Trocadéro, 75016 Paris

Conférence Jour 2

27 Novembre 2015

09h30 – 18h00

Un discours magistral en plénière, des sessions parallèles et une cérémonie de clôture

Lieu: UNESCO, 7 Place de Fontenoy, 75007 Paris

 

 

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#resilence2015 #indigenous2015 
 

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Contacts

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  • peoples (@) climatefrontlines.org (écrivez-nous en anglais, en français ou en espagnol)
  • UNESCO et le Musée National d'Histoire Naturelle