Le changement climatique, cadre d'une révolution intellectuelle nécessaire au bénéfice des peuples autochtones?

Le changement climatique, cadre d'une révolution intellectuelle nécessaire au bénéfice des peuples autochtones?

Laurence BOUTINOT (France)

CIRAD , International Research Center, France

Les débats et les politiques au sujet du changement climatique constituent une réelle opportunité pour améliorer les conditions et le statut des peuples autochtones en Afrique. A travers le programme de réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation de la forêt (REDD), il est dorénavant bien admis que les peuples autochtones sont directement concernés. Le Cameroun un des principaux pays forestiers d’Afrique Centrale a adopté la stratégie nationale REDD+.Toutefois, la REDD a un impact sur les populations forestières (les Baka, Bagyéli, Bedzang et Bakola dans les régions forestières du Sud) autrement qualifiées de populations autochtones. La juridiction internationale  exige dorénavant la prise en compte de leurs  droits et de leurs  intérêts (Convention n° 169 de l’OIT, Déclaration des Nations Unies sur les peuples autochtones). Ainsi le statut des autochtones d'Afrique centrale s'étoffe et se précise. Les textes internationaux pertinents sont progressivement ratifiés. Des textes légaux et règlementaires sont discutés et adoptés. Les autochtones contribuent à la confirmation, l'élargissement et le renforcement de ce mouvement sous régional. Encore faut-il savoir l'utiliser afin qu’il ne devienne pas un piège qui se referme sur les peuples autochtones eux-mêmes. Le risque est grand, en effet, de voir ces populations réifiées et reléguées dans un statut qui ne serait que folklorique et qui nierait à la fois leurs revendications de développement social et politique et leurs droits d’accès aux espaces forestiers et leur droits d’usage dans le cadre d’une gestion durable au sein d’autres communautés. Le Cameroun se trouve en effet contraint de  définir utilement les droits des autochtones dans un contexte qui laisse peu de place à leur adaptation aux conditions locales et nationales spécifiques et à la conformité du droit. Comment la communauté internationale doit elle se positionner face aux particularités nationales ? A travers ces questions de résilience tant des peuples que des ressources naturelles, c’est l’enjeu  même de  la définition d’une doctrine locale et sous régionale des autochtones adaptée aux contextes variés, complexes et riches et conforme au droit international pertinent, qui est interrogé.

 

Bio

Laurence Boutinot holds a Ph.D. in sociology, Paris I Pantheon Sorbonne, she is since 1999 social scientist at the department Environment and Society, CIRAD in Montpellier, France. She lived and worked for 15 years in Africa on scientific issues related to Socio-anthropology of social change and development. She has also lived and worked in Québec. His research interests include on issues of land tenure, participatory approaches and local governance, decentralization and public policy for the environment. This implies studying management practices of natural resources of local communities, indigenous peoples and traditional knowledge about the environment.

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